lundi 20 février 2012

Le Carnaval Béarnais

Ouvert à tous, le Carnaval Béarnais est la grande fête hivernale de la région paloise. Donnant une sensation de liberté absolue pendant une dizaine de jours, le Carnaval est un moyen d'échange et de valorisation du patrimoine culturel et linguistique.
Les personnages hauts en couleurs sont issus de la tradition occitane et béarnaise.

" Certains y voient les restes rituels d’une vieille religion liée au culte du soleil, d’autres pensent que carnaval est un espace de liberté extorqué par le peuple au pouvoir. Mais tous sont d’accord pour dire que carnaval est lié au développement du christianisme très présent autrefois dans la vie quotidienne : sans Carême, Carnaval n’avait pas de raison d’être.
Cette fête commençait juste après le solstice d’hiver ; les jours allongent, la sève monte inexorablement et la vie revient avec le soleil. Carnaval est cette période de tension, d’excès, ce temps de folie croissante et irrémédiable, que le pouvoir politique concède au peuple ou que le peuple s’accorde ; un peu comme le bouchon de la cocotte minute qui se met à tourner quand la pression est trop forte et sans lequel il y aurait risque d’explosion. Alors, les hommes masqués, sachant qu’ils vont entrer en Carême pour quarante jours, sans viande, ni vin, ni sexe, vont, pour quelques jours, se « laisser aller », manger, boire, assouvir leurs envies, plus que de coutume jusqu’au paroxysme final : l’exécution de Sent Pançard ". (sur le site http://www.carnavalbiarnes.com/)
L'emblématique Sent Pançard, roi du Carnaval, est un personnage immense, ventru, au visage rubicond, un goinfre orgueilleux et profiteur, véritable concentré de tous les désirs et de tous les défauts du monde. Il représente l'état de déliquescence mais aussi les contradictions de notre société et devient le parfait bouc émissaire permettant à chacun d'exprimer ses préoccupations et ses angoisses. Richement vêtu, plastron, gilet or et rouge, chemise blanche et dentelles aux manches, il porte d'énormes bagues, une couronne, un sceptre et en sautoir un collier de saucisses.

Sent Pançard (D. Guilhamassé, février 2012)
Sa femme, Carronha, est acariâtre : elle veille jalousement sur lui, tente de réfréner ses instincts et pleure beaucoup dans son mouchoir.
Exilé en Aragon, Sent Pançard met deux mois pour arriver à Pau. En chemin, il illumine tous les villages qu'il traverse, paradant sur sa charrette et provoquant la foule par ses outrances verbales. En cours de route, victime de plusieurs attentats, il gesticule et crie sa douleur. Son médecin se précipite et lui fait boire une bonne rasade de vin blanc qui, chaque fois, le ramène à la vie.
Quaresme (Carême), maigre et dégingandé, puritain et anti-joie, pourfendeur de la débauche et de la luxure, veut renverser Sent Pensard. Avec sa longue camisole blanche, grill à la main et poireaux dans le dos, parapluie ouvert aux baleines duquel sont attachées des sardines, il veut monter sur la charrette. Quand il y parvient, il fait sentir ses sardines à Sent Pançard qui le chasse à coups de sceptre.


Quaresme (D. Guilhamassé, février 2012)

Autour des personnages centraux évolue une myriade de personnages emblématiques des Pyrénées ou loufoques : les Bouffons qui ne respectent aucune règle, ou les Ours, symboles de la sexualité bestiale, ennemis du clergé, ils annoncent le retour du printemps. Le Berger et son troupeau incarne la sagesse et la vigilance, il connait les étoiles et retrouve son chemin. Des personnages grimés de noir, appelés les Nègres (los Negres), représentent ceux qui pratiquent des métiers ambulants, étrangers de passage sans domicile connu associés à la saleté et à l'impureté. Puis vient la foule des petits métiers : le maréchal-ferrant, le hongreur, le porcher, les maquignons, les chaudronniers, les rémouleurs, les ramoneurs, les bohémiens, le porte pot de chambre ou le photographe déguisé en citadin anglais, il fait poser les gens et les arrose avec un pistolet à eau caché sous le rideau de son vieil appareil photo.

Après avoir franchi les Pyrénées et cheminé à travers le Béarn, ils sont tous là, le boulanger, le colporteur de nouvelles, les chasseurs de loups, les balayeurs, le curé et sa bonne, les pompiers, et même quelques sorcières, tous prêts à faire leur entrée à Pau (toues les personnages de la Pantolonada sont ici sur les site du Carnaval Biarnés).

Sent Pançard s'avance lentement vers la mairie où Madame la Maire lui donne les clés de la ville. C'est la « dada de las claus » (la remise des clés), marque pour quelques jours le passage du pouvoir institutionnel au pouvoir de la rue, le passage de la monotonie quotidienne à la fantaisie et de la retenue au plaisir sans entraves, jusqu'à l'heure du procès.

La remise des clés (D. Guilhamassé, février 2012)
 A l'occasion du Carnaval, la langue béarnaise est à l'honneur, invitation à la découvrir d'une façon ludique et attractive.
Le Carnaval c'est deux mois de liesse dont dix jours réservés à la seule ville de Pau. Plus de 500 bénévoles qui œuvrent dans l'ombre et font de cette fête l'un des temps forts hivernaux de la vie culturelle locale à laquelle 50 000 personnes participent. A cette occasion, 500 musiciens viennent des quatre coins de l'Occitanie animer les rues et 2 000 élèves élèves du primaire et secondaire participent au Carnav'escolas.

L'édition 2012 du Carnaval des écoles (D. Guilhamassé, février 2012)
Demain mardi, le rendez-vous est donné aux Halles à 19h puis à la place de Verdun à 20h30 pour l'allumage du bûcher.

Pour tout savoir sur le Carnaval Biarnés et faire découvrir aux plus petits cett eriche tradition, cliquez ici pour naviguer dans le site officiel !

Bon Carnaval à tous !